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Dans l'atelier d'Abha
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Shradhanjali(offrande de foi) est une unité de travail d'Auroville
qui exploite le collage sur papier de plantes et de fleurs séchées.
Elle a été créée par Abha, une indienne originaire
du Penjab, au Nord de l’Inde et qui a fait ses études à Delhi
où elle a obtenu une licence de psychologie. Installée à
Auroville en 1978, elle s’est lancée dans l’artisanat avec deux
employées. Aujourd’hui, elles sont 35 jeunes tamouls à fabriquer
minutieusement abats-jours, des reliures et du papier décoré.
L’entreprise cultive elle-même ses plantes et a réalisé
un chiffre d’affaires de 2,9 millions de roupies (430.000 francs) en 1997
dont 50 % à l’exportation hors du territoire indien. «
Nous ne sommes pas assez gros pour intéresser les grands distributeurs
à l’étranger », regrette Abha. Shradhanjali verse
environ 20.000 roupies (3.000 francs) par mois au fonds central. «
Les deux tiers du bénéfice qui restent sont réinvestis
dans le développement de l’entreprise». Dans l’atelier
où l’on entend les mouches voler, l’ambiance n’a rien de commun
avec la fébrilité des fabriques occidentale. Il y règne
la sérénité d’un travail qui ignore les contraintes
de la productivité. Néanmoins, seul le bureau d’Abha, au
premier étage, bénéficie depuis peu de la climatisation...
Dans le numéro de juin 1997 d’
Auroville Today, le docteur
Henk Thomas, professeur à l’institut de sciences sociales de La
Haye, aux Pays-Bas, analyse l’économie de la ville. Son diagnostic
révèle « une croissance très lente »
qui ne peut s’accélérer que grâce à l’introduction
d’une véritable industrialisation des activités commerciales.
Henk Thomas constate que pas plus de 4 % des aurovilliens militent pour
une économie excluant la circulation d’argent alors que 64 % d’entre
eux accepteraient un modèle mixte associant échanges monétaires
et non monétaires (cash and kind economy). Pour lui, le développement
de la ville passe par une « amélioration et une stabilisation
du gouvernement intérieur ». Il s’agit de trouver un système
décisionnel à la fois démocratique et plus efficace
que celui les « tables-rondes » pour atteindre un «
concensus dans un délai raisonnable ». En somme, si Henk
Thomas persiste à estimer qu’Auroville se trouve dans une «
position unique pour expérimenter » de nouveaux modes
de fonctionnement et que « le challenge vaut la peine d’être
relevé », il souligne que presque tout reste à
inventer.