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FRANCE
20/09
2000

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Jack
Lang brosse un projet de budget 2001...
Le
ministre de l'Éducation, Jack Lang, a
présenté, le 20 septembre, le projet de budget
de l'Etat pour l'année 2001. Le ministère de
l'Education bénéficie d'une rallonge de plus de
10 milliards de francs, passant de 22,7% à 23%
du budget total de l'Etat.
Dans le discours prononcé à cette occasion,
Jack Lang indique que "le budget de
lenseignement scolaire, qui sétablit
à près de 332 milliards de francs, est en
progression de 2,82% ; celui de
lenseignement supérieur, qui
sélève à 56 milliards de francs,
augmente de 2,73% par rapport aux crédits
inscrits en loi de finances initiale pour
2000". Le ministre note que cette
augmentation est nettement supérieure à celle de
l'ensemble du budget de l'Etat qui ne croît que
de 1,5%. Les dépenses de la France pour
l'Education Nationale atteindront ainsi 388
milliards de francs en 2001.
Avec 14 438 nouveaux emplois budgétaires,
l'Éducation Nationale bénéficie de 60% des
postes créés dans la fonction publique l'an
prochain. La grande majorité, soit 12 838,
concerne l'enseignement scolaire et coûtera 1,87
milliard de francs supplémentaire, soit près de
19% de la rallonge budgétaire totale. Dans
l'enseignement supérieur, 616 enseignants et 1
000 emplois nouveaux dIATOS (ingénieurs,
administratifs, techniciens, ouvriers et de
service) seront également créés.
Au sujet des nouvelles techniques d'enseignement,
Jack Lang a fait la déclaration suivante:
| "L'utilisation
des nouvelles technologies de
l'information et de la communication (...)
va mobiliser 90 MF de crédits
supplémentaires, notamment pour mettre
en uvre dans lensemble des
collèges et, progressivement dans les
écoles, le "brevet informatique et
Internet" dont jai annoncé au
mois de juillet la création. Les
crédits pédagogiques à
lexclusion des crédits très
considérables que nous consacrons par
ailleurs à léquipement
informatique des établissements -
destinés aux NTIC passent donc de 167 MF
à 257 MF, soit une augmentation de 54%.
Jamais un effort dun tel niveau
navait été accompli depuis que
les technologies nouvelles ont fait leur
apparition dans nos établissements, il y
a un peu plus de dix ans". |
Commentaire: ...dans le sens
du poil
Le
discours de Jack Lang s'inscrit résolument dans
la volonté affichée par le ministère, depuis
le départ de Claude Allègre, de ramener le
calme dans l'Éducation Nationale. La stratégie
qui vise à garantir la paix sociale jusqu'aux
prochaines échéances électorales se révèle
coûteuse. Mais, au delà du satisfecit que
s'accorde d'ores et déjà le ministre,
sera-t-elle efficace?
Une part importante de la rallonge budgétaire
est consacrée à l'embauche d'enseignants
supplémentaires malgré la baisse du nombre
d'élèves. Une mesure dont on pourrait
féliciter le gouvernement si elle s'accompagnait
d'un véritable effort de modernisation des
pratiques pédagogiques. Or, sur ce point, la
stratégie du ministère n'est guère précisée.
A quoi va servir l'enveloppe de 257 MF de
crédits pédagogiques (+54%)? Au delà de la
création du "brevet Internet" dont il
faudra mesurer l'efficacité réelle, le
ministère devra indiquer comment ce nouveau
savoir sera utilisé dans les salles de classe,
à la fois par les enseignants et par les
élèves. En effet, l'informatique et Internet ne
peuvent avoir des effets positifs que si
l'organisation globale des cours leur est
adaptée.
L'heure semble plus à la satisfaction des
demandes des syndicats qu'à une remise en cause
profonde et parfois douloureuse de leurs
méthodes de travail. Embaucher de nouveaux
professeurs permet de rattraper un retard. Mais
cela ne suffit pas pour transformer l'école.
Mais s'agit-il de la mission de Jack Lang?
Lire
l'intégralité du discours de Jack Lang
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ÉTATS-UNIS
16/09
2000

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Une
association met l'ordinateur au ban de l'école
L'association Alliance for Childhood (Alliance pour
l'enfance) réclame un moratoire sur l'introduction de
l'informatique dans les écoles américaines.
Dans une prise de position signée par plus de 70
personnalités, l'association dénonce les
influences néfastes de l'ordinateur sur
l'éducation des enfants. Le document énumère
les arguments d'une critique très sévère de
l'évolution actuelle de l'enseignement vers une
utilisation de plus en plus répandue de l'outil
informatique, d'Internet et du multimédia.
S'appuyant sur les déclarations d'éminents
professeurs, l'Alliance estime que les trente
dernières années de recherche sur les
techniques d'enseignement n'ont démontré qu'un
seul lien clair entre les ordinateurs et
l'apprentissage des enfants: les programmes
d'exercices améliorent de façon modeste les
résultats sans atteindre l'efficacité des cours
particuliers. Pour le reste, l'incidence positive
des nouvelles techniques n'apparaît pas
démontrée. A partir de ce constat négatif,
l'association dénonce le recours massif à
l'ordinateur en posant les questions suivantes:
- Les
ordinateurs motivent-ils les élèves à
apprendre mieux et plus vite?
- Les enfants
de 5 ans doivent-ils travailler
aujourd'hui sur des ordinateurs pour
obtenir les emplois bien payés de
demain?
- Les
ordinateurs "connectent-ils"
vraiment les enfants sur le monde?
Les réponses
essentiellement négatives à ces questions
conduisent l'Alliance à conclure: "Ceux
qui mettent leur fois dans la technologie pour
résoudre les problèmes de l'éducation
devraient examiner plus profondément les besoins
des enfants". Elle réclame une
réorientation de l'éducation sur les
composantes essentiels d'une enfance saine: des
relations fortes avec les adultes, du temps pour
des jeux spontanés et créatifs, des programmes
riches en musique et autres arts, la lecture de
livres à haute voix, .... la cuisine, la
fabrication d'objets, le jardinage et
l'expérience manuelle de la nature et du monde
physique.
Lire l'intégralité du
document publié par l'Alliance for Childhood (en
anglais)
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MONDE
11/09
2000

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Internet
à l'école: la fracture Nord-Nord
Tandis
que 78% des élèves suédois et 74% de leurs
homologies canadiens ont accès à Internet, ils
ne sont que 25% en France et 28% en Allemagne,
soit environ trois fois moins nombreux. L'étude qui révèle ces
chiffres a été réalisée par le cabinet Angus Reid Group, filiale d'Ipsos, dans 16 pays au
cours du printemps et de l'été 2000 auprès de
10 000 élèves âgés de 12 à 24 ans. Au delà
de la fracture Nord-Sud, ces résultats font
apparaître une forte disparité entre les pays
développés eux-mêmes en ce qui concerne
l'utilisation d'Internet par les élèves à
l'école et à la maison:
Pourcentage des élèves utilisant
Internet à l'école et à la maison

Source:
Angus Reid Group
(*)Les chiffres du Mexique, du Brésil et de la
Chine concernent les zones urbanisées
©robotsprofs.com
La France se classe en 14ème position sur les 16
pays analysés. Elle est ainsi largement
dépassée par Taiwan, l'Australie et la Corée
du Sud. Ses résultats la place devant les zones
urbanisées du Brésil en matière d'usage
d'Internet à l'école. Mais ce pays distance
nettement la France en matière d'utilisation par
les élèves à la maison (36% contre 21%).
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FRANCE
05/09
2000
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Rentrée
scolaire: Jack Lang ou l'art du pompier
Le remplacement du
ministre de l'éducation Claude Allègre par Jack
Lang, le 29 mars 2000, avait des allures de
mesure d'extinction d'urgence de l'incendie
allumé dans le corps enseignant par le bouillant
pourfendeur des mammouths administratifs. Le
premier ministre, Lionel Jospin, peut être
satisfait des premiers effets de cette mesure. La
rentrée scolaire 2000 se présente sous les
meilleurs auspices. A quelques mois des
élections municipales de 2001, l'ire des
professeurs semble calmée. Les syndicats
accordent une trêve de quelques mois au nouveau
ministre. Les réformes prévues se mettent en
place discrètement.
Cette paix sociale
dans l'éducation nationale aura coûté un
milliard de francs (collectif budgétaire
annoncé par Jack Lang un mois après sa
nomination) et le remplacement d'un ministre
tonitruant par un fin politique. Ce dernier
réussira-t-il aussi bien dans son nouveau
ministère que dans celui de la Culture? L'art du
pompier qui lui vaut ses premiers succès
sera-t-il suffisant pour éviter tout embrasement
du corps enseignant d'ici les élections
législatives et présidentielles de 2002? Rien
n'est moins sûr. Sauf à faire l'impasse sur
toute réforme. Les problèmes soulevés
maladroitement par Claude Allègre restent, pour
l'essentiel, intacts.
Le véritable
chantier de la transformation profonde des
méthodes d'enseignement, indispensable pour
mettre à profit l'apport des nouvelles
techniques (Internet, ordinateur, logiciels
éducatifs...), risque fort d'être repoussé aux
calendes par les contingences électorales.
Claude Allègre aura alors obtenu un résultat
inverse à celui qu'il cherchait en devenant le
fossoyeur des idées qu'il prétendait
promouvoir. Eteindre un incendie politique en
sacrifiant une réforme indispensable peut se
révéler catastrophique à terme. Jack Lang
quittera-t-il son costume de pompier pour aller
au charbon et lancer la réflexion nationale sur
l'éducation du 21ème siècle dont son
prédécesseur a cru pouvoir faire l'économie?
Les prochains mois devraient lever le voile sur
la véritable mission du nouveau ministre. |
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