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la presse


















 

 

 

   
 
 

       
16 Novembre 2000:

Multimédia à l'école : peut mieux faire !
L'ordinateur a fait son entrée dans les salles de classe et d'expériences pilotes en projets pédagogiques, le ministère laisse carte blanche à la motivation des enseignants. Au risque de voir les inégalités se creuser

2015, quand le petit Lucas, 8 ans, se sera levé et aura avalé son bol de chocolat, il ne chargera pas un cartable trop lourd sur ses épaules. Et il ne filera pas, en quatrième vitesse, vers l'école du quartier. Non, comme le décrit Michel Alberganti, dans son livre très prospectif « A l'école des robots » (1), Lucas allumera peut-être simplement son ordinateur, à domicile. Il rejoindra ses copains de la classe virtuelle, dont un Japonais et un Italien, connectés à l'autre bout de la planète, et étudiera avec eux pendant quelques heures la ville de Londres. Et le prof ? Lui aussi sera virtuel, et guidera les élèves à travers la lecture du « Times », ou dans les musées de la capitale anglaise. Plus de matières, mais des leçons croisées, faisant intervenir langues, histoire ou mathématiques.
Inimaginable, cette école du futur ? Peut-être pas. Souhaitable ? Le débat n'a pas eu lieu. Car pour l'instant l'Education nationale a choisi la méthode douce. Valoriser les projets des enseignants et les encourager (voir le site www.education.educnet.fr, sur lequel des projets pédagogiques sont exposés), sans pour autant forcer la main à ceux que les nouvelles technologies rebutent. Le problème, c'est que pour mener à bien des projets éducatifs il faut des ordinateurs à portée de main. Ce qui est loin d'être une donnée. Car le problème numéro un est peut-être tout simplement celui de la place, au sens géographique, de la machine dans l'établissement. Les salles informatiques ou les centres de documentation regorgent de machines. Malheureusement, ce n'est pas là que les cours ont lieu.
Le collège Lacaze, 502 élèves, à Grisolles, dans le Tarn-et-Garonne, a décidé, justement, de s'équiper différemment. Les projets pédagogiques conduits par une professeur de technologie, Sylvie Reboullet, ont convaincu la directrice de l'enrichissement apporté par le multimédia. Disposant de six postes et d'un accès à internet dans chacune des deux salles de technologies, Sylvie Reboullet a réalisé avec ses élèves un cédérom sur la gestion des déchets. Elle a aussi participé à la création et à l'impression du journal de la maison de retraite du coin. Cette année, c'est un projet de cybercorrespondance avec différentes classes d'Europe qui est mis sur pied. Il intégrera d'autres disciplines, qu'il a donc fallu faire entrer dans la danse. « Nous avons sauté l'étape de la salle informatique. Aujourd'hui, nous préférons équiper 20 salles d'un ordinateur et d'un vidéoprojecteur, ce qui ne reviendra pas plus cher », explique la directrice Martine Cazes. Et de transformer ainsi l'écran en un outil familier. L'idée n'a pas été facile à faire passer, mais elle permettra aux professeurs de toutes les matières d'avoir une machine à portée de main. Les enseignants qui ont tenté l'expérience disent qu'un ordinateur en fond de classe, en libre accès, vaut autant que des heures de théorie (voir encadré).
Faut-il donc révolutionner la pédagogie ? Faut-il inventer une autre manière d'enseigner ? Certains le souhaitent, comme Michel Alberganti, qui estime que « l'Education nationale est restée au bord des vraies conséquences de la révolution multimédia, c'est-à-dire la façon d'enseigner. C'est comme si le livre venait d'être inventé et qu'on attendait du prof qu'il se débrouille pour l'imprimer » ! La plupart des enseignants sont partisans d'une intégration progressive de ces technologies dans les salles de classe. Ecoutez Pierre Valade, formateur à l'IUFM (Institut universitaire de Formation des Maîtres) de Toulouse : « Le multimédia est un instrument, c'est à lui de s'adapter à nos méthodes d'enseignement. Lorsque le stylo à bille a été inventé, on n'a pas changé pour autant la manière d'écrire ! »
De toute façon, le ministère a tranché : grâce au plan Allègre, il facilite l'équipement, mais ne se montre pas du tout directif sur son usage. Du coup, le risque de voir des inégalités se creuser entre les élèves augmente. Rien de commun entre ceux qui auront créé un site avec leur prof de technologie et ceux qui auront simplement appris à lancer un logiciel. « Nous avons introduit les nouvelles technologies dans les programmes de façon à ce que l'utilisation du multimédia soit généralisée, tempère Alain Elie, directeur du bureau des technologies au ministère. Notre rôle est celui d'un levier : nous encourageons les professeurs, nous ne pouvons pas les forcer ! » Cette année, le « brevet informatique » a été lancé. Au ministère, on le compare au brevet de natation mis en place après-guerre. Son but : donner à chaque collégien des compétences minimales.
Pour assurer ces enseignements, le matériel a suivi : les collectivités territoriales aident les établissements scolaires à s'équiper en ordinateurs, et la situation progresse d'année en année : en 2000, le nombre d'élèves par poste est de 5 en lycée professionnel, 7 en lycée polyvalent et 15 au collège. Et, depuis janvier 1999, tous les collèges et lycées seraient connectés à internet... Mais cela signifie seulement qu'au moins une machine est raccordée.
Hélas, la formation des profs, elle, ne suit pas. Certes, 80 000 professeurs profitent chaque année de la formation continue. Mais cela représente seulement 10% du corps professoral. La demande en formation serait d'ailleurs inférieure à l'offre, d'après le ministère. Depuis l'arrivée de Jack Lang, aucune idée nouvelle n'a émergé. Les responsables de l'Education nationale comptent surtout sur les nouvelles générations d'enseignants, élevés à l'ordinateur, qui arriveront dans les classes en ayant reçu une formation.

(1) « A l'école des robots », par Michel Alberganti, Calmann-Lévy, septembre 2000 (www.robotsprofs.com).

 



 
2 Novembre 2000:
Article paru dans le supplément "Le Monde des livres "

L´écran pédagogue
A l'école des robots?, Michel Alberganti.
Michel Alberganti interroge l'école à venir, informatisée et connectée à Internet.
Le point d´interrogation qui ponctue le titre du livre de Michel Alberganti est trompeur : il n´y a pour lui aucun doute, l´école du XXIe siècle sera informatisée et connectée à Internet, ou elle ne sera pas. A l´appui de sa démonstration, il a choisi un mode d´exposition original et attrayant. Dans la première partie de son livre, intitulée « Enseignants artificiels », il insère en effet des chapitres de science-fiction, ou plutôt de « pédagogie-fiction », où il met en scène une classe de collégiens de différentes nationalités qui travaillent à domicile, connectés ensemble et à leur professeur via Internet, et assistés dans leur apprentissage par des logiciels personnalisés, les agents pédagogiques. Ces chapitres s´articulent intelligemment aux chapitres plus classiques, où l´auteur fait preuve d´une solide connaissance des expériences menées dans le monde, essentiellement aux Etats-Unis et au Canada, plus rarement en France. Expériences qui étonnent incontestablement par leur avancée : s´il n´est pas surprenant de voir les multiples possibilités d´échange de savoirs qu´offre Internet, il est en revanche plus étonnant d´apprendre que des chercheurs en sont déjà à concevoir des logiciels pédagogiques capables de s´adapter à chaque personnalité de leurs utilisateurs. C´est d´ailleurs cette possibilité d´individualiser l´apprentissage qui constitue le fil conducteur de la seconde partie du livre, intitulée sans ambiguïté « Réinventer le système éducatif ».
Comme ce sous-titre ne l´indique malheureusement pas, Michel Alberganti évite le piège dans lequel sont tombés tant d´enthousiastes du progrès technique, celui de croire qu´un nouvel outil suffit à transformer la pédagogie. Il propose au contraire une analyse assez pertinente des déboires du plan informatique de 1985 et des erreurs récentes de Claude Allègre. Insistant sur le fait que « la vitesse à laquelle se développent les nouvelles technologies a pris de court la pensée », il souligne la nécessité de faire précéder l´utilisation des nouvelles technologies éducatives d´une réflexion pédagogique. Se référant aux pédagogues réformateurs les plus connus (de Freinet à Meirieu), il propose d´utiliser l´informatique et Internet pour constituer des équipes pédagogiques interdisciplinaires mobilisées autour de projets favorisant l´autonomie de l´élève : « L´enseignant prêcheur du XIXe siècle (…) céderait ainsi la place au professeur mentor du XXIe siècle. »
Cette partie de sa démonstration présente néanmoins quelques failles. D´abord, parce que presque toutes les expériences auxquelles il se réfère concernent des apprentissages professionnels très finalisés, destinés à des adultes, et dont les objectifs se prêtent aisément à la formalisation informatique. Ensuite, parce qu´il s´agit justement d´expériences : tous les pédagogues le savent, la réussite des expériences pédagogiques tient beaucoup à l´enthousiasme communicatif des enseignants volontaires, qui n´est par définition pas reproductible. Enfin, et l´auteur lui-même l´admet, aucune évaluation ne permet pour l´instant d´affirmer que l´usage de l´informatique et d´Internet produit des gains notables en termes d´efficacité des apprentissages. Plus généralement, Michel Alberganti ne prend pas en compte les différences sociales, pourtant déterminantes dans l´accès familial à l´outil informatique.
Il reste que cet ouvrage agréable à lire sait concilier enthousiasme et raison, ce qui n´est pas si fréquent.
Vincent Troger
Michel Alberganti est journaliste au Monde.
À L´ÉCOLE DES ROBOTS ?
de Michel Alberganti. Calmann-Lévy, 304 p., 120F (18,29euros ).

 

 
 


5 octobre 2000
France Culture:

Emission "Cas d'école" à 19h30

Parcipation au débat sur les nouvelles technologies à l'école
avec Philippe Quéau, directeur de l'information et de l'informatique
à l'Unesco.
 
 
 

22 septembre 2000
Le Point N°1462
 
CYBERESP@CE

Questions à Michel Alberganti 
par Jean Guisnel
Le Point : L'enseignement est bouleversé par l'arrivée massive des technologies de l'information dans les salles de cours, mais aussi à la maison. Comment les professeurs peuvent-ils accompagner cette révolution ?
Michel Alberganti :
L'ordinateur et l'Internet offrent une opportunité exceptionnelle aux enseignants en ouvrant la voie à une pédagogie plus active. Les professeurs virtuels vont prendre en charge le rappel des cours, les exercices simples et le contrôle des connaissances de base. Les enseignants humains pourront alors se concentrer sur leur nouveau rôle : suivi plus individualisé des élèves, analyse des points de blocage, tri et validation des informations accessibles sur l'Internet. De simples transmetteurs du savoir à travers les cours magistraux les professeurs vont devenir de véritables chefs d'orchestre de l'apprentissage des élèves.
Le Point :
Nombreux sont ceux qui craignent que l'accès aux technologies ne soit réservé aux milieux riches et éduqués, aggravant ainsi les inégalités. Etes-vous d'accord ?
Michel Alberganti :
Le risque d'un fossé numérique existe. Déjà favorisés, les enfants des milieux aisés et cultivés disposent d'un avantage supplémentaire avec la maîtrise des nouveaux outils. D'où l'urgence d'aider les familles à s'équiper. Aux Etats-Unis, certaines écoles donnent des ordinateurs portables à chacun de leurs élèves. Baisse des prix et simplification des machines vont dans le sens de la démocratisation. Mais, comme pour l'achat des livres scolaires, un coup de pouce des pouvoirs publics est indispensable.
* Auteur du livre « A l'école des robots » (Calmann-Lévy).

e-mail :
alberganti@robotsprofs.com
Site :
http ://www. robotsprofs.com/livre.html
© Le Point - 22/09/2000 - N°1462 - Cyberespace - Page 161 - 250 mots
Lire l'article sur le site du Point


 

9 septembre 2000
Chronique "France-Info.com" de Jérôme Colombain

A l'école des robots
- L'ordinateur remplacera-t-il un jour les profs ? Personne n'y croit vraiment pourtant attention au professeur virtuel que
l'on nous prépare actuellement dans les labos… Quelle place pour l'ordinateur à l'école ? C'est le sujet d'un livre
signé Michel Alberganti, journaliste au Monde, spécialiste des sciences et techniques : Dans "A l'Ecole des Robots" (Calmann Levy), il explique
notamment comment fonctionneront les futurs profs électroniques.

Ecouter la chronique et l'interview de l'auteur
(fichier MP3 de 299 Ko. Téléchargement: environ 1 minute 30 secondes avec un modem 56 kbps)
Pour obtenir un logiciel de lecture MP3, suivre le lien.


 

Samedi 2 et dimanche 3 septembre 2000
Article dans Libération:

Michel Alberganti a étudié l'entrée de l'informatique à l'école.
«Il faut adapter la pédagogie»
Par EMMANUEL DAVIDENKOFF

P
our la première fois, un livre grand public explore la révolution numérique à l'école.Alternant petites fictions, enquête poussée dans les labos nord-américains et analyse de la situation française Michel Alberganti, journaliste au Monde, confirme ce que 90 % des parents d'élèves ont déjà compris, selon une enquête publiée vendredi par l'Observatoire des parents d'élèves: les nouvelles technologies vont révolutionner les pratiques pédagogiques.

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