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États-Unis
- 2 février 2001: Le
développement
de l'usage d'Internet dans les écoles américaines
ne se passe pas sans difficultés. La politique volontariste
des États-Unis en la matière a engendré une utilisation
débridée du réseau mondial par les élèves comme le
révèle un article publié sur le site MSNBC intitulé: "Le
Net à l'école: cela vaut-il le casse-tête?". A
l'appui de cette question inquiétante, le site mentionne
l'usage de cartes de crédit volées sur les ordinateurs
publics de l'école, profitant de la discrétion de ces
machines pour se livrer à différentes exactions. "Des
enfants de huit ans s'y connaissent mieux en informatique que
nous", constate Parry Aftab, un avocat spécialisé
dans Internet et la protection des enfants sur le
réseau. L'an dernier, la police a été appelée dans
une école à partir de laquelle une commande 25 000 dollars
de matériel informatique avait été passée avec une carte
de crédit volée.
Paradoxalement, alors que les adolescents ont d'abord fait
figure de victimes des dangers de la Toile, tels que les
rendez-vous donnés par des pédophiles, ils se transforment
ainsi aujourd'hui en prédateurs. Sans, pour autant, que le premier problème
ait disparu. L'association "Cyberangels", créée par Parry Aftab
et comptant 9
000 volontaires, révèle que 13% des
adolescents qu'elle surveille ont admit avoir rencontré dans
le monde réel des inconnus avec lesquels ils ont fait
connaissance en ligne. D'où son estimation inquiétante. Le
nombre de telles rencontres dépasserait largement les 3 000
identifiées en 2000.
Les écoles américaines font souvent appel au filtrage des
sites pour protéger les élèves de l'accès aux sites
pornographiques. Pourtant, cette solution est loin de faire l'unanimité.
Le débat fait même rage entre les établissements, les
élèves et les parents qui invoque le Premier amendement de
la constitution des États-Unis pour réclamer un accès sans
entrave à l'ensemble du contenu de la Toile à partir des
ordinateurs des écoles. De fait, les méthodes actuelles,
fondées sur des listes de mots proscrits, sont loin d'être
parfaites. Elles excluent fatalement des parties d'Internet
qui ne devraient pas l'être.
La situation explosive créée par ce débat pourrait
dégénérer si les élèves ont la sensation de disposer d'un
véritable pouvoir sur les enseignants. D'où l'urgence d'une
éducation des deux populations sur les dangers inhérents au
cybermonde. Mais cette solution prendra beaucoup de temps. "Le
meilleur filtre est celui que nous avons entre les
oreilles", note Parry Aftab. "Si
nous n'apprenons pas aux élèves à penser, nous ne pouvons
tenir à l'abri."
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