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    Rodrigo Baggio multiplie les ordinateurs dans les favelas de Rio    

Le site du Comité pour la démocratisation de l'informatique (CDI)



Rodrigo Baggio et les élèves de l'une des écoles brésiliennes  informatisées




Sommaire


L'article du 19 février 2001 dans:


L'article du 5 février 2001 dans: 


L'article du 24 mars dans :

 

Brésil - 17 mars 2001: Véritable missionnaire de l'informatique sociale, Rodrigo Baggio a réussi à installer 1 400 ordinateurs dans 209 Rodrigo Baggio écoles brésiliennes accueillant 20 000 élèves. Ce fils d'un dirigeant d'IBM a reçu son premier PC en 1982. Il avait 12 ans. Il raconte à l'agence Associated Press comment, quelques années plus tard, sa croisade a commencé:
"Une nuit, j'ai rêvé d'enfants pauvres utilisant des ordinateurs, discutant de leur réalité quotidienne et tentant de résoudre leurs problèmes grâce à ces machines. Ce rêve m'a fait un effet considérable et, le lendemain, j'ai décidé que je devais faire quelque chose pour qu'il devienne réalité."
Rodrigo Baggio exploite l'obsolescence rapide des ordinateurs qui conduit les grandes entreprises à renouveler régulièrement leur parc de machines. En 1995, il crée le Comité pour la démocratisation de l'informatique et ouvre, en mars, sa première école à Donna Marta, l'une des favelas de Rio. Les volontaires affluent pour s'associer à l'entreprise et les écoles se multiplient: 11 en 1996, 40 en 1997, 60 en 1998...

Le système s'appuie sur un démarchage permanent des entreprises pour les convaincre de céder leurs vieux ordinateurs. "Les sociétés voient cela comme un recyclage technologique", indique Rodrigo Baggio. Ce dernier les débarrasse d'un matériel dépassé qu'il remet en état  pour les besoins des écoles. Au début, il s'agissait de modèles 386 mais, maintenant, il ne récupère plus que des 486 et des Pentium de première génération. Il les nettoie et les reconditionne avec 16 Mo de mémoire, Windows 95, Word, Excel et un modem pour la connexion à Internet avant de les emballer pour les expédier dans les écoles.
Aujourd'hui, le Comité gère un budget annuel de 350 000 dollars grâce à des sponsors comme la Banque nationale brésilienne pour le développement, Microsoft, Xerox ou le portail Starmedia. Une rencontre avec Bill Gates, en 1999, se solde par un don de 300 000 dollars en liquide et 4,5 millions de dollars en logiciels. 
Une telle réussite ne va pas sans attirer les critiques. On reproche essentiellement à Rodrigo Baggio d'apporter aux plus pauvre le "luxe" de la technologie quand ils manquent surtout de nourriture. Le missionnaire répond: "Dans les villes, les gens ne meurent pas de faim, ils meurent du manque de perspectives qui les conduisent à la délinquance, au commerce de la drogue, à la violence, au meurtre." Pour lui, la technologie leur apporte "un rayon de lumière." 

Commentaire:
La croisade de Rodrigo Baggio
a valeur de symbole. Tandis que la plupart des  pays développés se demande encore comment utiliser l'ordinateur et Internet à l'école, en Amérique du Sud mais également en Afrique, la question ne se pose pas. Ce n'est pas le moindre paradoxe des nouvelles techniques de communication  que de paraître plus évidentes dans les pays pauvres que dans les nations riches. Dans ces dernières, la profusion de moyens, aussi bien en matière d'éducation que de culture, de loisirs et de communication rend l'apport d'Internet plus flou. La saturation des emplois du temps détourne une partie du public d'un outil réputé chronophage.
Dans les favelas de Rio ou les villages africains, la situation est toute autre. Le sentiment d'isolement et de privation de contacts avec le reste du monde ainsi que les carences en personnel enseignant de constitue de véritables moteurs de développement de l'usage d'Internet. Pourtant, on peut se demander comment des régions aussi pauvres pourraient accéder aux outils les plus modernes quand elles sont souvent privées de moyens plus essentiels, comme les lignes téléphoniques ou, même, l'alimentation en courant électrique..
Un facteur vient pourtant à l'aide des pays les plus démunis. La rapidité des progrès de l'électronique est telle que les nations riches produisent une quantité impressionnante de "déchets informatiques". Ces derniers deviennent de plus en plus récupérables au fil du temps. Un ordinateur équipé d'une puce Pentium est tout à fait suffisant pour surfer sur la Toile et d'échanger des courriers électroniques.
L'initiative de Rodrigo Baggio est fondée sur ce constat. Elle devrait être suivie par beaucoup d'autres. La soif d'apprendre et de communiquer des populations défavorisées fait le reste. Ainsi, les nouvelles techniques deviennent-elles une opportunité inespérée pour espérer sortir d'un sous-développement chronique que les États ne sont pas parvenus à réduire avec les outils traditionnels trop coûteux. De plus, la démarche issues d'organisation non gouvernementales favorise la prise en main de ce développement par les population selles-mêmes qui se libèrent de leur  position d'assistées. Un faisceau d'éléments positifs dont il sera passionnant de suivre les effets sur l'évolution des pays pauvres, aussi bien que les plans éducatifs que culturels et politiques.


Vos Réactions :

André Larané, journaliste, créateur du site Histoire d'un jour :
"On m'a parlé aussi en Inde de l'intérêt d'internet pour les élèves des bidonvilles. Des ONG se flattent d'avoir lancé quelques expériences en ce sens en permettant à des enfants illettrés de "jouer" sur un écran tactile. Un scientifique (je crois que c'est le patron du CNRS indien) a tempéré l'enthousiasme des promoteurs de ce système en remarquant:
1) que l'on a déjà cultivé beaucoup d'illusions dans les années 70 à propos de la télévision comme outil de remplacement des enseignants en Inde mais aussi en Afrique (Mali,...),
2) que les enfants qui jouent sur un PC éducatif ne font rien d'autre que d'acquérir les préalables à l'enseignement de la lecture, ce que font les enfants de nos classes de maternelle quand ils jouent avec des cubes et des images. L'informatique et l'internet, sauf démonstration du contraire, ne semblent pas capables de remplacer un enseignant en chair et en os pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture."

 

   
         

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