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"Les
méthodes de recrutement des enseignants en IUFM sont modifiées.
Ces professeurs de professeurs devront également enseigner en
collège ou lycée. Aujourd'hui, ils sont souvent coupés de
la réalité des salles de classe."
Ayant été formateur Mafpen (qui s'occupait de formation
continue), j'ai toujours défendu ce statut qui permet aux
futurs professeurs d'avoir en face d'eux un enseignant de
terrain confronté aux réalités quotidiennes. Ce qui rend le
discours de l'intervenant crédible. Les élèves d'il y a 10
ans ne sont pas les élèves d'aujourd'hui et un enseignant
qui a intégré l'IUFM depuis de nombreuses années est mal
placé pour parler d'une pédagogie adaptée au public
d'aujourd'hui.
Une proposition qui me tient à cœur : permettre à des étudiants
IUFM de naviguer à leur gré dans des classes pour apprécier
sur place différentes ambiances. Pourquoi pas faire un tour
d'une dizaine de classes différentes dans plusieurs établissements
: la réalité du collège rural, de banlieue, de centre
ville, de classe européenne, ... ? Comment Pierre gère ce
type de situation ? Et Paul ? Qu'en pense la hiérarchie ?
Pour connaître ceci, il faut 10 ans d'enseignement et encore
! (Il y a des enseignants qui en sont restés à un
enseignement formaté dans deux ou trois établissements qui
constituent toutes les étapes de leur carrière.)
Belle façon d'acquérir de l'expérience surtout si le prof
l'implique, lui fait présenter un document, lui fait faire un
commentaire sur un point précis ...
Bref, il y a fort à faire dans le domaine de la formation. Il
y a urgence ! et notre belle éducation nationale en ne se
donnant pas les moyens de dispenser un enseignement de qualité.
Comment se fait-il que le niveau de formation continue des
profs qui était déjà un des plus faibles en matière de
formation professionnelle soit tombé au niveau zéro sous le
ministère d'Allègre ? Comment se fait-il que notre dynamique
Jack Lang admettre une situation aussi catastrophique ?
Soyons concret : Monsieur le ministre, je vous propose de
mettre en place la mesure suivante :
Toute personne qui a une responsabilité d'encadrement, de
formation ou d'inspection dans l'EN devra assurer un
enseignement d'au moins deux heures par semaine auprès d'élèves.
Tel principal de collège peut dispenser un cours d'éducation
civique, tel inspecteur pourrait faire une démonstration d'un
nouveau point du programme dans une classe de ZEP, tel
formateur, après avoir expliqué une nouvelle approche pédagogique,
la mettrait en application devant une classe et des
stagiaires. Tout le monde gagnerait à une telle mesure :
notamment les responsables du système modifierait un peu
leurs discours et deviendraient bigrement crédibles. Et cela
ne coûterait pas grand chose, n'est-ce pas ?
Monsieur
le ministre, ne soyez pas frileux ! Chiche !
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