INTERNET
rassemble aujourd'hui plusieurs
centaines de millions d'utilisateurs dans le monde. Après la
période des pionniers, le réseau virtuel reflète de plus en
plus la réalité de la société des pays les plus
représentés sur la Toile. On ne peut donc s'étonner de retrouver parmi les
internautes l'ensemble des caractéristiques et des
personnalités qui peuplent l'Amérique, l'Europe ou l'Asie.
Sont ainsi présentes les démarche les plus
généreuses, comme celle de Rodrigo
Baggio au Brésil, et les manœuvres les plus
condamnables, cemme celles dés pédophiles
en Angleterre.
Les conséquences d'un tel constat sont multiples. Il s'agit
tout d'abord de ne plus considérer l'expression "monde
virtuel" comme une notion abstraite ou une figure
poétique mais comme la description d'un nouvel univers tout
aussi concret, même s'il est moins palpable, que celui dans
lequel nous vivons. Internet concrétise ainsi, d'une certaine
façon, l'un des vieux rêves des auteurs de science-fiction,
tel Philip K. Dick, qui rêvaient de mondes parallèles
invisibles, peuplés de passé, d'avenir ou de vie
extraterrestre, et coexistants avec le notre. Seuls quelques
rares privilégiés accédaient à cette dimension
surnaturelle par accident. Sans atteindre ce degré de
fantastique, Internet crée une nouvelle forme d'existence du
monde baptisée qui n'est baptisée de virtuelle que pour la
distinguer du monde physique. Néanmoins, ce qualificatif est loin
d'exprimer la complexité du cyberespace. Il néglige, en
particulier, de souligner les relations étroites et complexes
qui lient monde réel et monde virtuel. D'où le danger de
fausses sensations de sécurité, de liberté ou d'impunité
que peuvent ressentir certains internautes dans le cyberespace.
Apprivoiser le nouveau monde exige les même précautions que
l'exploration des contrées inconnues de la Terre. On peut
noter, au passage, que les univers électroniques apparaissent
au moment où la découverte du globe terrestre est achevée
et où la conquête de l'espace semble repoussée dans un
futur assez lointain. De là à penser que les hommes ont tant
besoin de territoires vierges qu'ils sont capables de les
créer de toute pièces lorsqu'ils viennent à manquer...
Le
cyberespace devient ainsi la terra incognita du 21ème
siècle. Mais ses explorateurs n'ont plus grand chose de
commun avec les conquistadores ni même avec les ethnologues
modernes ou les astronautes. L'humanité toute entière, des
enfants sachant à peine parler aux vieillards et même aux
personnes handicapés, peut s'embarquer sur les Navigateurs de
la Toile. Une telle démocratisation ne peut qu'engendrer des
pièges inédits et réclamer, pour éviter les accidents
de parcours, une prudence décuplée.
Apprendre les règles régissent l'univers virtuel sans
assistance peut se concevoir pour un adulte mais certainement
pas pour un enfant. Or, comment transmettre de telles
connaissances si on ne les possède pas? Internet étant,
selon toutes probabilités, appelé à jouer un rôle
important dans la vie quotidienne des prochaines
générations, il est urgent que les parents et les
enseignants soient en mesure d'apporter à leur progéniture
le soutien dont ils ont besoin. Pour cela, les écoles et les
foyers doivent devenir les lieux d'apprentissage des règles
essentielles de vie dans le monde virtuel de la même façon
qu'elles enseignent l'utilisation des outils essentiels à la
vie dans le monde réel. Cette intégration d'Internet dans
l'éducation des enfants devient urgente. Sans elle, les plus
jeunes partiront à l'aventure avec tous les risques que leur
font courir la vulnérabilité inhérente à leur
âge.
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