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La
transformation d'hommes ordinaires en geôliers et en
prisonniers. Le film d'Oliver Hirschbiegel s'attaque à un
thème d'autant plus lourd de signification que l'action se situe en Allemagne
aujourd'hui. Il raconte la dérive d'une expérience
"scientifique". Dans une université, un groupe de
chercheurs recrute 20 volontaires payés 4000 marks pour passer
14 jours dans une prison. Deux groupes sont formés, 12
détenus, 8 gardiens, après une batterie de tests. Ils vont
devoir vivre ensemble sous l'oeil de caméras jusqu'au terme du
séjour prévu afin de gagner leur prime. Cette histoire simple
ne réserve pas de surprises majeures. Oliver Hirschbiegel vient
de la télévision et son style rappelle souvent le
petit écran. Pourtant, il trouve une façon de filmer ce huis
clos qui rompt avec l'ambiance poussive des téléfilms
allemands qu'Arte consomme sans modération. Les variations sur
les plans et une mise en scène soignées lui permettent
également d'échapper à l'atmosphère du théâtre filmé. Le
film s'installe dans un rythme soutenu et régulier sans heurt
qui donne à la progression dramatique un caractère naturel et
inéluctable. Oliver Hirschbiegel renforce ainsi le
malaise plus sûrement qu'avec des effets spectaculaires.
Ce qu'il nous propose n'a rien d'extraordinaire. Il dépeint la
nature humaine dans son horreur ordinaire, quotidienne, banale.
Il reflète également l'angoisse d'un peuple vis à vis d'un
passé qui n'en finit pas de le hanter. Ces hommes sans
prédisposition que le hasard transforme en prisonniers et en
gardiens sont exactement les mêmes que la majorité des effectifs
du personnel de la police nazie ou des camps de concentration.
Comment devient-on tortionnaire? Oliver Hirschbiegel répond
sans nuance: par la simple mécanique des circonstances. Bien
sûr, tout l'intérêt de l'intrigue réside dans les
différences de réactions des personnages. Le héros d'origine
turque se lei avec un ancien militaire, coté prisonnier. Le
gardien blond à l'allure aryenne endosse le rôle du nazi d'une
façon par trop convenue. C'est peut-être la seule note
caricaturale du film. En revanche, la peinture des faibles, les
plus nombreux dans les deux camps est saisissante. L'un des plus
touchants est sans doute le gardien; le seul, qui se désolidarise de ses
camarades. Quant aux scientifiques qui mettent en
marche la machine du chaos, ils sont assez neutres pour être
terriblement crédibles. Enfin, Dora, l'amie de Tarek, le
héros, apporte l'oxygène qui permet de ne pas suffoquer dans
cette ambiance carcérale où la violence naît avec la même
fatalité qu'un virus contamine son hôte. Certaines scènes
touchent sans jamais choquer. Oliver Hirschbiegel joue avec
cette limite qui fait basculer l'horreur dans le spectacle sans
la franchir. Un équilibrisme qui sert sa cause, même si on ne
peut que ressent douloureusement le caractère désespéré de son propos. Suite
de la critique...
si vous avez déjà vu le film...
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Les
deux scientifiques qui ont organisé l'expérience, en
particulier le docteur Klaus Tom, à gauche, se laissent
dépasser par leur création. Un peu comme une émission de
télé-réalité qui finirait dans un bain de sang ou une
orgie... Lorsque Jutta Grimm, à droite, prend conscience du
drame, il est déjà trop tard et elle devient elle-même
victime de l'expérience.
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Oliver
Hirschbiegel a été cuisinier sur un bateau
après l'interruption de sa scolarité. Il a étudié ensuite la
peinture et le graphisme à l'université de Hambourg avant de
se diriger vers la vidéo. Il réalise son premier film pour la
ZDF en 1986 à partir de son premier scénario. Grâce au
succès de Das Experiment, il tourne Blade
3 avec Wesley Snipes et Kris Kritofferson qui doit sortir en
2004.
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