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La critique:
L'intelligence visionnaire de
Philip K. Dick et le talent cinématographique de Steven Spielberg. Le
résultat pouvait difficilement décevoir. Minority Report est à la
hauteur des espoirs. Sans atteindre la magie de Blade Runner, le chef
d'oeuvre de Ridley Scott également basé sur une histoire de Philip J K
Dick, le film fourmille d'idées sur le futur (2050 environ). Mais,
surtout, il parvient à jouer avec le temps sans tomber dans le paradoxe
classique du voyage dans le passé. Il faut dire que le fait de prévoir
l'avenir, l'un des fondements du film à travers les "précogs",
réserve moins de pièges. Mais le scénario reste complexe et la clarté
de la narration évite que l'on s'y perde. Spielberg traite cette
société qui a poussé le sécuritarisme jusqu'à arrêter les meurtriers
avant qu'ils ne commettent leur acte sans lourdeur idéologique. Il se
concentre sur l'intrigue policière dont le déroulement suffit à camper
le décor. La force et la richesse du scénario lui permettent d'éviter
le piège dans lequel il était tombé avec AI, celui
de la mièvrerie et de la peinture sociale hors sujet. Minority Report ne lâche
pas le spectateur une seconde pendant près de 2 heures 30. Tom Cruise se
met au service de cette efficacité avec une remarquable sobriété. Et
Max Von Sidow semble avoir à peine vieilli depuis le Septième Sceau
tourné avec Ingmar Bergman en... 1957. L'une des réussites du film tient dans
le personnage d'Agatha (Samantha Norton) qui donne à son personnage de
précog une humanité touchante de vulnérabilité. On peut regretter la
faiblesse de la musique et le manque d'humour du film qui, sur la
longueur, devient un peu pesant. Mais l'ensemble fournit une plongée
assez fascinante dans un futur inquiétant en raison du développement des
germes qui existent déjà aujourd'hui. La surveillance permanente des
individus conduit le héro à remplacer ses yeux pour échapper à la
police. A noter les charmants robots, créations purement numériques dans
le film, chargés d'explorer les
lieux à la place des policiers. Leur démarche et leur attitude n'est pas
sans rappeler certains dinosaures de Jurassik Park. Quant à la scène
d'exploration des données enregistrées dans le cerveau des précogs,
elle devrait faire rêver ceux qui ceux qui pestent devant la lenteur des
progrès de l'informatique. Demain, les machines nous obéiront au
doigt.... et à l'oeil.
MA
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