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Emily
Watson
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Ce
film de Paul Thomas Anderson est un régal de bout en bout.
Une revanche sur les conventions mille fois exploitées par les
productions conventionnelles américaines. Une leçon de cinéma
inventif, ironique, habile, léger, drôle et sans cesse surprenant.
Jusqu'à engendrer une véritable jubilation devant tant de
trouvailles qui ne laissent jamais le spectateur en dehors du coup
mais en font le complice permanent du metteur en scène. Paul Thomas
Anderson joue de sa caméra comme d'un instrument imprévisible et
du scénario comme d'un labyrinthe de fausses pistes. Il ne se passe
jamais ce qu'il devrait se passer, comme cela devrait se passer, quand
il faudrait que cela se passe. La scène d'exposition restera, dans
ce registre, un moment inoubliable. Tout y est moqué. La prise au
sérieux des metteurs en scène de l'Amérique triste et glauque à
la Brazil, la lenteur désespérante des scènes d'ambiance
esthétisantes, l'inexpressivité des acteurs potiches perdus dans
une histoire vide. Ici, c'est plutôt Mr Bean au pays des frères
Cohen. Le burlesque à fleur de prise de tête. Et une peinture de
la folie, celle de Barry Egan (Adam
Sander), qui se transforme en résistance de la santé morale
contre le délire ambiant. Le tout baignant dans une aventure
glauque prétexte à gags jusqu'à l'arrivée de Lena (Emily
Watson), fragile personnage déterminé à trouver un
compagnon avec un aveuglement de caricature de la femme entre deux
eaux. La musique et la mise
en page colorées achève de faire du film un bijoux
sucré, un morceau de bravoure non conformiste servi par des acteurs
hors pair et un
véritable talent de maniement de la caméra qui a valu à Paul
Thomas Andersen le prix de la mise en scène à Cannes en 2002.
Punch-Drunk Love laisse un souvenir de limpidité et de bien-être.
Une réconciliation avec le cinéma de l'invention.
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