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La critique du site:
Adapté pour le cinéma d'une pièce à succès
par son auteur, Joe
Penhall, Some Voices fait partie de ces petits miracles qui
réconcilient, au moins pour quelques temps, avec les salles obscures.
Verra-t-on jamais, d'ailleurs, cette oeuvre en DVD? En août, mois de la
sortie à Paris, le film n'était visible que dans trois salles. Une
preuve inquiétante du manque de discernement d'une industrie qui, dans le
même temps, accordaient près de 80 salles à Final Fantasy.
Paradoxalement, l'acteur principal de Some Voices, Daniel
Craig, est également l'une des vedettes de Lara
Croft: Tomb Raider, preuve que le génie des grands comédiens
résiste aux plongées dans les abimes commerciaux du 7ème Art.
Some Voices appartient, lui, plutôt à ces cimes discrêtes
qu'affectionnent les cinéphiles non professionnels. Un plaisir de plain
pied. Celui des images qui emportent et des personnages qui émeuvent. Ray
sort d'un hôpital psychiatrique où il a été soigné à coup de
pillules. Il entend des voix, voit des formes, reçoit des appels... Le
film montre sa tentative d'intégration dans la société grâce à son
frère, Pete qui tient un restaurant. Le film montre une banlieue de
Londres à travers les yeux de Ray, sa rencontre avec une jeune femme,
Laura, son amour enfantin, son insouciance sans avenir, sa relation
viscerale avec son frère, ses efforts pour exister sans se perdre, son
désespoir, sa chute. La fin reste ouverte sur tous les possibles malgré
la lourdeur de la charge.
La folie, toujours inquiétante, est montrée avec une étonnante
pudeur sans concessions. L'humanité pétrit tous ces personnages au
bord de la dérive sans jamais y céder. L'émotion nait de leur volonté
inflexible de concilier les aspirations de chacun sans pour autant nier l'autre.
L'agressivité de la ville, de la vie, de la maladie,
ne résiste pas à ce simple élan de fraternité.
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