| Reportage à Suakin |
L'état de la ville |
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| Une agonie fulgurante |
Le bonbardement du temps |
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Pour
deux architectes turcs la visitant récemment, Suakin
offre l'aspect d’une ville bombardée. Les amoncellements
de pierres hérissés de pans de murs, d'encadrements de portes ou de
fenêtres occupent plus des trois quarts de la
surface de l'île. Ce spectacle donne à Suakin un
caractère unique. Il ne s'agit pas d'une ville abandonnée depuis des
siècles et usée par
le temps, ni d'une cité victime d'une guerre, ni d'une île oubliée par les hommes. Suakin se meurt sous les yeux
d'un
monde impuissant à la sauver de la destruction. Une mort à la fois lente
à l'échelle de la vie humaine et fulgurante à celle de l'archéologie. |
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Le temps
passe vite à Suakin. Si le décor, avec l'eau bleu turquoise du lagon,
le ciel sans nuages et la chaleur de four, donne une sensation
d'éternité, il n'en va pas de même pour les bâtiments de la ville. La
splendeur passée de leurs murs blancs construits avec les blocs de corail
arrachés à la Mer Rouge cachait une extrême fragilité. Les pierres
légères du récif s'érodent sous l'action des vents du désert et de la
mer. Les murs exposés aux pluies torrentielles de la mousson explosent de
l'intérieur. Unes à unes, les maisons s'écroulent. Les rues
disparaissent sous les éboulis et sont envahies par les buissons. Plus de
la moitié de la ville est devenue impénétrable. |
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Un champ de ruines
d'où émergent des pans de murs qui s'écroulent uns à uns |
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Les derniers vestiges |
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Les experts s'accordent sur un vestige à sauver d'urgence. Le dernier à pouvoir illustrer la splendeur passée de la ville et, peut-être, convaincre des mécènes de restaurer d'autres constructions de Suakin. Il s'agit du palais de Khorchid Effendy aux colonnes donnant sur le lagon. Datant sans doute du 16ème siècle, il se trouve au nord-est de l'île, à l'extrémité de la zone qui n'est pas encore totalement en ruines. |
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Dans ce quartier, on trouve également le bâtiment du télégraphe, une grande maison aux murs en assez bon état mais à l'intérieur très abîmé malgré la présence de l'un des derniers moucharabiehs de Suakin et les restes du bâtiment des douanes. Seul le minaret de la mosquée Magedi reste miraculeusement debout. La mosquée Hanafi est la seule construction à avoir été rénovée avec les portes Gordon sur l'île et Kitchener dans le Geyf. |
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Le palais de Khorchid Effendy |
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© Michel Alberganti 2002 |
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