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En 1905, le
Geyf est plus important que la ville construite sur l'île. On y
trouve 500 propriétés contre 300 à Suakin même. Jusqu'en 1919, les
marchands conservent l'espoir d'une renaissance des activités du port.
Grâce au maintien du télégraphe, ils peuvent poursuivre leurs affaire
depuis Suakin en se rendant à Port Soudan lorsque c'est nécessaire en
empruntant le chemin de fer. La première guerre mondiale prolonge la
période de survie en affectant la croissance de sa concurrente. Mais la
guerre entre la Turquie et l'Italie, en 1912, interrompt le commerce
local sur la mer Rouge, la principale ressource de Suakin. Certains
importateurs préfèrent recevoir leurs marchandises à Port Soudan et les
acheminer ensuite à Suakin par train ou bateau à voile. En 1919, le port
ne conserve pratiquement plus que cette fonction indirecte. Ensuite, en
trois ans, de 1923 à 1925, un série d'événements vont précipiter son
déclin. D'abord avec le début de la construction d'une voie ferrée
directe entre Port Soudan et Kassala. En même temps, commence les travaux
de raccordement de la nouvelle ville au Khor Arba'ât pour améliorer son
approvisionnement en eau et stimuler ainsi son développement. La
confiance en l'avenir de Suakin s'envole. Les bureaux de la National Bank
ferment en 1923 et le poste de l'Eastern Telegraph est transféré à Port
Soudan début 1924. Pendant les mois qui suivent la plupart des marchands déménagent. |
Les plus
anciennes familles de marchands ne peuvent pourtant se résoudre à
partir. Ruinées par le transfert des activités commerciales à Port
Soudan, elles n'ont plus les moyens d'entretenir leurs belles demeures. En
1933, certaines d'entre elles qui se sont progressivement étendues grâce
à des liaisons entre les maisons d'une même rues, abritent près de 100
foyers. Mais, faute d'argent, les constructions se dégradent et le
morcellement des successions complique le financement des
réparations.
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Dès les
premières années de l'exode, l'état de dégradation de Suakin
suscite l'inquiétude. Ainsi, en 1926, le gouverneur de la province de la
Mer Rouge, F. Balfour demande par écrit qu'une action de préservation
soit entreprise pour «quelques uns des plus
intéressants et des plus décorés des vieux bâtiments.» Il cite le Muhafaza, la
porte Gordon, la porte Shata, les fortifications, les forts extérieurs,
les mosquées, le cimetière chrétien et le Caravansérail. La décision
doit être prise après la visite de Sir John Maffey, en mars 1927. Cette
première démarche, très précoce, illustre parfaitement le destin
particulier de Suakin. |
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| Sources: - Friedrich Hinkel - The archeological map of Sudan - 1992 - David Roden - The twentieth century decline of Sudan - Sudan Notes and Records - 1970 |
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© Michel Alberganti 2002 |
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