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Pierres de corail dans
un mur de Suakin |
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Du roi Salomon à la tribu Beja |
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La
première mention de Suakin est attribuée au Fashala d'Abyssinie qui
racontait que le voyage de la reine de Saba se rendant chez le roi
Salomon, en 950 av. JC, avait été effectué par la terre depuis Massawa
via Suakin. Ensuite vient la citation du savant grec Ptolémée (100 -
170) qui a baptisé l'île Evangelon portus. En 883, la famille
Arteiga venant d'Arabie s'installe dans l'île. A l'époque, il semble que
Suakin accueille une forte immigration venant du Yémen, en particulier de
la région de l'Hadramaout, sur le golfe d'Aden. En 956, la population de
l'île est décrite comme musulmane et appartenant à la tribu des Beja
sous le règne du roi Maqrizi. Cette tribu habite toujours l'ensemble de
l'est du Soudan, jusqu'à Kassala. Vers 1200, une source indique que les
insulaires sont des Buga chrétiens.
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Egyptiens et Erythréens |
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En
1264, les nouvelles parvenant au Caire relatent que des marchands
ont été molestés à Suakin. Le gouvernement local s'est emparé des
biens de ceux qui sont morts ou qui ont été tués, privant ainsi leurs enfants
d'héritage. Le gouverneur de Qus, après que le dirigeant de
Suakin eut été averti par le tribunal du Sultan de ne pas molester les
marchands, marche sur la ville. Le dirigeant s'échappe en Abyssinie. Une
petite garnison est laissée à Suakin pour empêcher son retour et la
ville tombe ainsi, pour la première fois, sous la férule de l'Egypte. Au
début du 14ème siècle, la ville musulmane exporte des moutons destinés
aux expositions. En 1328, le gouverneur de Suakin, El Umari, fils
d'un ancien émir de La Mecque, entretient de bonne relation avec la
tribu Beja dont sa mère est issue. Suakin est alors en concurrence
avec Aidhab un port situé au nord, plus proche de Jeddah, mais qui sera détruit en 1426 par El Ashraf Bars Bey,
laissant à Suakin le champ libre pour devenir un important port de
commerce.
En 1451, des membres de l'Ashraf, descendants du prophète Mahomet,
émigrent de La Mecque vers le Soudan et s'installent près de
Kassala. Ils passent une partie de l'année à Simkat et Suakin et
certaines maisons de l'île datent de cette époque.
Après la chute de Constantinople, en 1453, la montée de l'empire
Ottoman entraîne une éclipse de la puissance égyptienne. Suakin
et Jeddah profitent alors d'une période d'indépendance et de
prospérité.
Vers la fin du siècle, la ville est dirigée par un
sultan musulman, sujet du roi de Hamasen, ville proche de l'actuelle
Asmara, en Erythrée. |
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La période turque |
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Au
début du 16ème siècle, les Turcs du roi Selim 1 conquièrent
l'Egypte et prennent, en 1517, le contrôle des ports de la mer
Rouge. Suakin passe ainsi sous l'autorité turque. En 1520, environ,
une caravane de 336 moines et nonnes venus d'Abyssinie pour se
rendre en pèlerinage à Jerusalem sont massacrés par les Beja peu
après leur départ de Suakin pour rejoindre le Nil. Seuls 15
d'entre survivent.
En 1541, les bateaux portugais de Stephano de Gama se rend de
Massawa à Suez pour détruire la flotte turque qui détient alors
le monopole du commerce des épices. Le vice-roi des Indes
portugaises, Joan de Castro, est à bord. Ils atteignent Suakin le
premier mars et trouvent la ville sous gouvernement turc mais sans
protection. Selon de Castro, le port peut alors accueillir 200
bateaux, ce qui le classe juste derrière Lisbonne. Le commerce
atteint alors l'Inde et Mallaca. Le 8 mars, la ville est
brûlée et mise à sac après la fuite des habitants qui refusent
de payer une rançon élevée. Mais la flotte portugaise a perdu 8
jours qui sont mis à profit par les Turcs. L'attaque de de Gama
échoue.
En 1580,Agib Abdallah el Majilak du Adallab conquiert l'est
du Soudan. Le royaume Fung rejoint les côtes de la Mer Rouge
à Suakin et partage les revenus du port avec les Turcs.
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Sources:
- Jean-Pierre Greenlaw - The coral
buildings of Suakin - 1975
- Friedrich Hinkel - The archeological map of Sudan - 1992
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