Reportage à Suakin....

L'essor de Port Soudan

 L'attraction du pétrole      

Des problèmes d'eau et d'électricité

De 300 000 habitants lors du recensement de 1993, la population de Port Soudan aurait dépassé le million au cours des dernières années. La ville arrive ainsi en seconde position derrière l'agglomération de Khartoum qui englobe la capitale historique, Omdurman, qui compterait aujourd'hui de 3 à 5 millions d'habitants (2,2 millions en 1993). Depuis 1999, l'acheminement du pétrole provenant du Sud du Soudan par un oléoduc de 1500 km de long bouleverse l'activité de Port Soudan qui s'est transformé en port pétrolier. La ville reste également le seul port maritime du Soudan depuis sa création en 1905, en remplacement de Suakin. Elle importe tous les produits et les denrées nécessaires au Soudan et exporte les production nationales (coton, gomme arabique, graines de sésame et arachide). Aujourd'hui, les droits de douanes représentent 60% des revenus de Port-Soudan. Mais la ville ne bénéficie pas directement de la manne pétrolière qui reste entièrement accaparée par le gouvernement fédéral et don t la majeure partie est affectée au remboursement des travaux de l'oléoduc. 
Néanmoins, l'impact politique du pétrole est indéniable. Il donne une confiance nouvelle aux Soudanais et attire les investisseurs étrangers. Ainsi, le conseiller politique du gouverneur de l'Etat de la Mer Rouge, Leudai Nagib Boyi, s'écrit-il: "Nous avons du pétrole!", avant d'ajouter: "Nous avons de l'eau, l'un des biens les plus précieux pour le futur." Pour l'instant, justement, Port Soudan manque d'eau mais plusieurs projets sont à l'étude. 

 

Un port transformé par le pétrole



Des installations encore sommaires



Dans le souk, un rond-point décoré avec la bouilloire de terre cuite, symbole national.

 

Le 26 juin 2002, Hatem Samani, gouverneur de l'Etat de la Mer Rouge, rentrait à Port Soudan après un voyage d'une quinzaine de jours en Europe. Accueilli au nouvel  aéroport international de la ville par l'ensemble de ses ministres, il a improvisé un conseil dans les locaux même de l'aéroport pour raconter son voyage qui visait deux objectifs vitaux pour la ville: améliorer son approvisionnement en électricité et en eau. La cité dispose aujourd'hui d'une centrale de 25 MW qui dessert environ 25% de la population. Le gouverneur a négocié l'achat de deux centrales anglaises de 35 MW (Brotherhood) et de 20 MW (Rolls Royce). Si les projets aboutissent, il manquera encore 20 MW pour que le réseau couvre la population actuelle.
Le problème de l'eau semble encore plus délicat. La ville a besoin de 100 000 m3 par jour soit 36 millions de m3 par an. Le réservoir crée par le barrage que le Khor Arba'at fournit 14 millions de m3. Les unités de désalinisation de l'eau de mer sont loin de répondre au besoin. Elles n'apportent que 10 000 m3 par jour. "Nous avons un projet ambitieux de création d'un pipeline de 472 km, depuis le Nil, à Atbara, qui pourrait nous fournir 200 000 m3 part jour", déclare Hatem Samani. De fait, le projet est d'envergure. La canalisation de 1,5 mètre de diamètre devra monter à 950 mètres d'altitude pour franchir les montagnes, consommant ainsi 18 MW d'électricité mais en fournissant 28 lors de sa descente vers Port Soudan. Le gouverneur estime qu'il faudra trois ans de travaux pour réaliser cet ouvrage qui coûtera 180 millions de dollars. Il lui reste à trouver un financement. 

Accueil

    © Michel Alberganti 2002